Mon compte

Pas encore de compte ?  Créer un compte

Accueil > Actualités santé > La gale poursuit sa progression en France

Actualités santé

La gale poursuit sa progression en France

[ Publié le 8 juin 2011 ]

Les autorités de santé reçoivent, depuis quelques années, de nombreux signaux suggérant un retour en force de la gale dans diverses collectivités. Dernières alertes en date : une école du Maine-et-Loire et une maison de retraite dans le Nord.

gale

L'hiver n'abat pas la gale. Une école du Maine-et-Loire a renvoyé chez eux une vingtaine d'élèves suspectés d'avoir contracté cette maladie de la peau, et dans le Nord, plusieurs résidents d'une maison de retraite l'ont attrapée. Dans ces deux cas, l'origine de l'infection n'a pas encore été déterminée.

Maladie cutanée bénigne mais très contagieuse, la gale progresse en France, selon un rapport de l’Institut de veille sanitaire (InVS) datant d'avril 2011. On attribue à tort cette parasitose au manque d’hygiène car elle a longtemps été associée à la misère. Les malades étaient ainsi "mis à l’écart", comme les lépreux et les syphilitiques. Aujourd’hui encore, elle est considérée comme une maladie "honteuse."

En réalité, la gale est une maladie de la promiscuité, comme les poux. Elle peut toucher tous les milieux sociaux : crèches, écoles, maisons de retraite, et même avec une bonne hygiène corporelle, en raison de sa forte contagiosité. Sous sa forme diffuse, assez rare aujourd’hui, elle peut se transmettre par une simple poignée de mains. Généralement, il faut un contact plus prolongé pour la contracter.

Cette maladie ne bénéficie pas d’une surveillance spécifique. L'InVS s’est donc appuyé sur plusieurs études statistiques régionales et nationales pour dresser un état des lieux. Le nombre de nouveaux cas par an est évalué entre 330 et 350 pour 100.000 habitants. "Ces données sont à interpréter avec précaution mais l'ensemble des résultats indique une augmentation de l'incidence de la gale en France", relève le rapport.

Transmission et symptômes
Le parasite responsable, appelé sarcopte, se transmet par des contacts directs rapprochés avec une personne atteinte, ou par l’intermédiaire de linge contaminé : vêtements, literie. La femelle sarcopte pond ses œufs sous la peau, ce qui provoque d’intenses démangeaisons et donne l’impression qu’il y a des "galeries" noirâtres sous la peau.

La période d’incubation dure environ trois semaines. Le malade se plaint ensuite de fortes démangeaisons, surtout le soir et la nuit. Il peut présenter des lésions cutanées plus ou moins étendues, localisées à certains endroits caractéristiques : entre les doigts, sur les poignets, la face antérieure de l’avant-bras, les plis du coude, les aisselles, au niveau de la ceinture, sur le triangle des fesses…

Le dos et le visage sont épargnés, sauf chez le nourrisson.

Traitement : désinfection totale
Si elle n’est pas traitée, la gale peut mener à des surinfections bactériennes. Il est donc essentiel de consulter rapidement.

Après une douche au savon de Marseille, pour "décaper" la peau et rendre le parasite accessible au traitement, le patient s’applique une lotion antiparasitaire sur tout le corps. Une deuxième douche est nécessaire le lendemain. Son entourage doit suivre le même traitement, même s’il ne présente aucun symptôme.

Le linge doit lui aussi être désinfecté : il faut faire bouillir les draps, serviettes, literie, et mettre dans un sac en plastique vêtements et chaussures avec de la poudre antiparasitaire pendant 24 heures.

En cas de surinfection bactérienne des lésions de grattage, une désinfection locale est indispensable. Des antibiotiques par voie orale sont parfois prescrits.

Source : AFP, 12 janvier 2012 - rapport de l’InVS, 6 avril 2011
http://www.invs.sante.fr/publications/2011/gale_augmentation_france/rapport_gale_augmentation_france.pdf
(Alexandra Capuano)


Dr Catherine Smadja, dermatologue à Paris : "Ce n’est pas la maladie des gens sales."

"Au début du XXe siècle, les personnes atteintes de gale allaient se faire soigner aux bains de l’hôpital Saint-Louis (Paris)", explique la docteure Catherine Smadja, dermatologue à Paris. "Les salles dédiées étaient situées près de celles des patients souffrant de syphilis. Les gens faisaient alors un amalgame entre cette infection sexuellement transmissible et la gale, toutes deux considérées comme "honteuses". "On sait aujourd’hui que c’est faux. La gale n’est pas la maladie des gens sales", martèle la Dre Smadja. Une personne propre peut être contaminée. Elle peut l’attraper en voyage, dans la literie d’un hôtel : le sarcopte survit à l’air libre jusqu’à 48 heures. Elle peut même être parasitée dans le métro, par le contact des mains sur les barres. D’où l’importance, après un déplacement en transports en commun, de se laver les mains.

Avec votre code Mutuelle, accédez en plus aux blogs santé réservés

S'INFORMER