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Actualités santé

Bactérie tueuse : zoom sur le syndrome hémolytique et urémique

[ Publié le 1 juin 2011 ]

La toxi-infection alimentaire qui sévit actuellement en Europe sous le nom de E. coli O104 : H4 met en lumière une maladie rare, grave et méconnue : le syndrome hémolytique et urémique (SHU). De quoi s'agit-il ? Comment le traite-t-on ? Quelques éléments de réponse, alors que la contamination gagne encore du terrain en Europe.

hopital-urgences

Qu’est-ce que le syndrome hémolytique et urémique (SHU) qui a provoqué une vingtaine de morts en Europe en quelques semaines ? Il s’agit d’une "complication grave d'un épisode de diarrhée souvent sanglante. Dans 10% des cas, [cette diarrhée] évolue vers une anémie hémolytique et une insuffisance rénale aiguë, qui constituent les principales caractéristiques du SHU", répond l'Institut de veille sanitaire (InVS) sur son site Internet.

Le SHU est le plus souvent causé par une bactérie de la famille des Escherichia coli (E. coli), dont certaines variétés sont plus virulentes que d'autres. Ces souches produisent des toxines qui ressemblent aux shigelles, les "shigatoxines". Elles infectent chaque année entre 70 et 100 personnes en France. Ces infections frappent le plus souvent les enfants, constituant la cause principale d'insuffisance rénale aiguë chez les moins de trois ans.

En temps normal, un SHU "classique" évolue favorablement dans 90% des cas. Environ 5% des malades conservent des séquelles rénales et 5% en meurent. "Il n'existe pas à proprement parler de traitements spécifiques du SHU", explique le Dr Christian Hiesse, néphrologue à l'hôpital Foch de Suresnes. "L'objectif est de prendre en charge les complications, notamment l'insuffisance rénale." Le ministère de la Santé évoque "une prise en charge hospitalière avec des mesures symptomatiques, en particulier dialyse rénale et transfusion sanguine".

Vingt-deux morts en Europe
L’épidémie actuelle, provenant d’Allemagne et qui touche désormais douze pays européens, revêt toutefois "un caractère inhabituel puisqu'elle concerne majoritairement des adultes et, dans plus de trois cas sur quatre, des femmes", relèvent les spécialistes comme le Dr Lisa King, épidémiologiste à l’InVS. Elle semble aussi plus souvent mortelle. La bactérie mise en cause, appelée E. coli O104 : H4, n’avait jamais été impliquée dans une épidémie auparavant. D’après des chercheurs allemands, c’est une bactérie nouvelle mais formée de gènes déjà connus. Un "clone hybride", résume le journal allemand Der Spiegel.

Ce clone est aussi particulièrement agressif. Au 6 juin, le bilan de l’épidémie est de 22 morts dans l’Union européenne, dont 21 en Allemagne, rapporte le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC) à Stockholm, en Suède. Dans les pays touchés, 1.605 cas de contamination par la bactérie Escherichia coli entéro-hémorragique (Eceh) ont été recensés et 658 présentent un SHU, précise l'ECDC. L’Allemagne, foyer de la contamination, représente la majorité des cas avec 1.536 Eceh et 627 SHU.

La source de l'infection demeure mystérieuse. La Commission européenne a innocenté les concombres espagnols. Les soupçons se portent désormais sur des graines de soja germées fabriquées par une entreprise de jardinage allemande. Des analyses sont en cours.

Un médicament suscite l’espoir
Actuellement, les regards des néphrologues et des infectiologues se tournent vers un anticorps monoclonal : l'eculizumab, indiqué pour le traitement des patients atteints d'hémoglobinurie paroxystique nocturne, une maladie rare du sang. Or, l'eculizumab a fait l'objet d'une correspondance dans le New England Journal of Medicine du 25 mai. Des médecins allemands y décrivent les résultats qu'ils auraient obtenus auprès de trois enfants souffrant d'un SHU. Schématiquement, "son objectif est de diminuer les lésions au niveau du rein et donc de raccourcir la phase d'insuffisance rénale aigue. Nous l'utilisons déjà dans certaines formes atypiques de SHU", indiquent les auteurs. D’autres essais thérapeutiques sont en cours en Allemagne sur des malades souffrant de formes graves de SHU.

Source : European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC), 6 juin 2011 - interview du Dr Christian Hiesse, 1er juin 2011 - Commission européenne, 31 mai 2011 - Institut de veille sanitaire, syndrome hémolytique et urémique (SHU), - interview du Dr Lisa King (InVS), 30 mai 2011 - Der Spiegel, 2 juin 2011.
(Destination santé)

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