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Escherichia coli : la contamination s'étend en Europe et touche la France

[ Publié le 31 mai 2011 ]

L’épidémie d’infections à bactérie de type Escherichia coli produisant des shigatoxines (E. coli O157:H7), également appelée Stec, s’aggrave en Allemagne et s’étend en Europe. Six cas importés sont signalés en France. Le point sur la situation avec le Dr Lisa King, épidémiologiste à l'Institut de veille sanitaire (InVS).

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La "bactérie tueuse" Escherichia coli producteur de shigatoxines, désormais désignée par l’acronyme Stec, a fait une première victime hors de l’Allemagne : une Suédoise, qui y avait récemment séjourné. En Allemagne même, la situation paraît évoluer d'heure en heure, relève le Dr Lisa King, épidémiologiste à l'Institut de veille sanitaire (InVS). "Outre-Rhin, les autorités signalent plusieurs centaines de personnes présentant une infection à Stec."

Parmi ces patients, au moins 300 souffriraient d’un "syndrome hémolytique et urémique", une complication grave de cette infection qui provoque des lésions rénales parfois mortelles. Les journaux français et allemands annoncent 15 décès. Pour l’heure, seuls trois d’entre eux "sont officiellement attribués à cette infection, mais d’autres cas sont en cours d’étude", précise le Dr King. "A priori, le nombre de morts pourrait augmenter au cours des prochaines heures."

Cas importés d’Allemagne
L’épidémie poursuit sa progression en Europe : le Royaume-Uni, l'Autriche, le Danemark, les Pays-Bas, la Suède et la Suisse ont annoncé des contaminations. "Tous ces cas touchent des touristes qui sont passés par le nord de l'Allemagne, ou des personnes qui ont des liens avec ce pays", souligne le Dr King.

En France, "les informations sont rassurantes", indique-t-elle. "Nous avons recensé six patients qui présentent des diarrhées sanglantes après un séjour dans le nord de l'Allemagne. Aucun d’eux n’a été contaminé sur le sol français, et aucun malade n'a développé de syndrome hémolytique et urémique."

Une épidémie "inhabituelle"
Le Dr King insiste sur le "caractère inhabituel" de cette épidémie. "D'une manière générale, les syndromes hémolytiques et urémiques frappent surtout les moins de 15 ans. Dans le cas présent, les victimes sont en majorité des adultes et plutôt des femmes." Les scientifiques européens travaillent actuellement sur cette spécificité.

Quant à la source de la contamination, elle demeure mystérieuse : "Nous n'avons pas de confirmation sur la source de l'épidémie", martèle le Dr King. "Je lis partout que des concombres seraient à son origine. Nous n'avons cependant aucune certitude : nous savons juste qu'il s'agit d'un produit d'origine végétale." Les autorités sanitaires allemandes ont déconseillé la consommation de concombres, de tomates et de laitue, et retiré certains produits alimentaires des étals. D’autres pays européens font progressivement de même.

Séparez le cru du prêt à consommer
En France, des consignes spécifiques ont été transmises aux médecins hospitaliers et libéraux. "Tous ceux qui ont diagnostiqué une diarrhée sanglante ou un syndrome hémolytique et urémique depuis le 20 avril, chez des patients revenant d'Allemagne, doivent faire remonter l'information", alerte le Dr King. Elle appelle enfin les patients pris de douleurs abdominales ou de diarrhée sanglante, après un séjour en Allemagne, à consulter très rapidement.

Rappel : la transmission de l'infection peut être prévenue par des gestes simples, comme le fait d'éplucher et de laver soigneusement les légumes et les fruits, et de bien laver les herbes aromatiques. Conservez également les aliments crus séparés des aliments cuits ou prêts à être consommés, de préférence dans des récipients hermétiquement clos.

Source : InVS, interview du Dr Lisa King, 30 mai 2011
(Destination santé)

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