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Actualités santé

Escherichia coli : la "bactérie tueuse" poursuit son tour d'Europe

[ Publié le 27 mai 2011 ]

Une bactérie de type Escherichia coli a touché l’Allemagne, la Suède, le Danemark, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Elle peut provoquer des diarrhées hémorragiques et des syndromes rénaux et sanguins graves. Sa source pourrait se trouver dans certains légumes frais. La Commission européenne et plusieurs instances sanitaires nationales appellent les consommateurs à la prudence.

concombres

Haro sur E. coli O157 : H7 ! Cette souche particulière désigne une bactérie capable de produire des toxines appelées “shigatoxines.” Si E. coli est une bactérie naturellement présente dans le tube digestif de l’homme et de certains animaux, cette variante est nettement plus dangereuse. Elle se transmet via des aliments crus contaminés. Si elle est ingérée, elle provoque des diarrhées hémorragiques. Plus grave, elle peut aussi induire un "syndrome hémolytique et urémique" (SHU), qui provoque des lésions des reins parfois mortelles. Les enfants et les personnes âgées y sont particulièrement vulnérables.

Après une "épidémie" de SHU qui a frappé l’Allemagne ces dernières semaines, causant 214 malades – dont 68% de femmes – et au moins deux décès, la "bactérie tueuse" poursuit son tour d’Europe. La Commission européenne estime le nombre de cas avérés à dix en Suède, quatre au Danemark, trois au Royaume-Uni et un aux Pays-Bas. Fin mai, elle a lancé une alerte sanitaire sur certains concombres importés d’Espagne, plus précisément des régions d'Almeria et de Malaga. Ils sont soupçonnés d’être à l’origine de cette flambée.

A Stockholm, en Suède, l’European Center for Disease Prevention and Control (ECDC) précise que "la majorité des cas rapportés en Europe sont concentrés en Allemagne", plus précisément dans la région de Hambourg, en Basse-Saxe et dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, un Länd allemand proche de la mer Baltique. "La Suède rapporte cependant un nombre de cas anormalement élevé de diarrhées hémorragiques et de SHU. L’enquête se poursuit pour déterminer s'il existe un lien avec les cas recensés en Allemagne."

Selon l'ECDC, "la contamination proviendrait de laitues, de concombres et de tomates souillées. Nous suivons l'évolution de la situation de très près grâce notamment à notre système d'alerte et de réponse rapide Early Warning and Response System (EWRS)."

Dissémination et action de la bactérie
Chez l'homme, "quelques bactéries seulement peuvent suffire à déclencher l'infection", rappellent les scientifiques. Les principaux réservoirs d’E. coli O157:H7 sont les bovins et les ovins. La contamination d'aliments d'origine animale intervient souvent à l'abattoir, en lien avec la traite en élevage ou lorsque les règles d'hygiène générale ne sont pas respectées. Pour les végétaux, elle peut intervenir lors de l'épandage, à proximité des végétaux, d'effluents provenant d'élevages de ruminants, ou lorsque de l'eau contaminée est utilisée pour l'irrigation. La contamination peut aussi se produire lors de la préparation des aliments, soit par contact avec un aliment souillé, soit du fait d'une mauvaise hygiène des mains ou des ustensiles utilisés.

Les personnes les plus sensibles à l'infection par ce type de bactérie sont les enfants de moins de 5 ans et les personnes âgées de plus de 65 ans. Les enfants souffrent principalement d’un SHU, et les adultes, d’un purpura thrombotique et thrombocytopénique (PTT), une maladie de type anémie avec des atteintes rénales, mortelle dans 90% des cas si elle n’est pas traitée.

"Le SHU est la principale cause d'insuffisance rénale du nourrisson, et responsable de séquelles rénales graves dans un tiers des cas, pouvant éventuellement entrainer un décès", souligne l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses). "En France, depuis 1995, une centaine de cas de SHU est recensée chaque année chez des enfants de moins de 15 ans." La France n’est toutefois pas concernée par l'épidémie actuelle.

Pour éviter les risques : cuisson et hygiène
E. coli 0157 : H7 est sensible à la chaleur. La cuisson est susceptible de détruire, au moins partiellement, les bactéries. Pour les légumes crus, un lavage particulièrement minutieux à l'eau claire est indispensable. Enfin, le lait cru destiné à la consommation des enfants de moins de 5 ans doit être porté à ébullition avant consommation.

Par ailleurs, le respect des mesures générales d'hygiène en cuisine est primordial pour prévenir les contaminations croisées entre aliments crus et cuits. Il convient, par exemple, de se laver les mains après avoir manipulé des viandes ou légumes crus, de nettoyer les surfaces de travail ayant été en contact avec des aliments crus et ne pas remettre de la viande cuite dans un plat ayant contenu de la viande crue sans avoir lavé ce plat au préalable.

Pour en savoir plus : l'Anses explique ce que sont les "E. coli producteurs de shigatoxines" ; l'Institut de veille sanitaire (InVS) présente un dossier sur le SHU.

Source : Anses, 26 mai 2011; Commission européenne, 27 mai 2011; ECDC, Outbreak of Shiga toxin-producing E. coli in Germany, 25 mai 2011
(Destination santé)

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