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DMLA : de nouveaux traitements en vue !

[ Publié le 3 mai 2011 ]

La dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) est la première cause de cécité chez les plus de 50 ans ! Cette maladie atteinte une zone de la rétine extrêmement riche en cellules visuelles : la macula". La DMLA évolue vers la cécité si elle n'est pas prise en charge à temps. Des traitements récents donnent de nouveaux espoirs aux patients.

DMLA : nouveautés en vue !

La dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) fait de plus en plus de victimes. En cause : le vieillissement de la population. Cette maladie atteinte la macula, une zone de la rétine très pourvue en cellules visuelles. Diagnostiquée à temps, la DMLA peut ne pas évoluer inéluctablement vers la cécité. Un message sur lequel insiste le Pr Jean-François Korobelnik, du service de neuro-ophtalmologie de l'hôpital Pellegrin, à Bordeaux.

Sèche ou humide ?
"La DMLA que l'on dit humide se caractérise par la formation de nouveaux vaisseaux en-dessous de la rétine", explique-t-il. "Ces néo-vaisseaux entraînent des oedèmes et des saignements. Dans la forme sèche de la DMLA, c'est la rétine en elle-même qui s'atrophie". La DMLA humide évolue de manière plus agressive, plus rapide, avec des séquelles plus graves. Elle représente 15% à 20% des cas.

Des premiers signes très spécifiques
L'âge moyen de survenue de la maladie est d'environ 75 ans. "Le premier signe d'alerte, qui doit amener à consulter rapidement un ophtalmologiste, est une sensation de baisse de la vision ou de gêne visuelle, associée à une perception déformée des objets. Cette dernière apparaît en l'espace de quelques jours, seulement", précise le Pr Jean-François Korobelnik.

La perception déformée est un vrai signe d'appel. "A ce stade, les patients doivent impérativement se préoccuper du problème. Si la maladie n'est pas traitée, ils seront victimes d'une baisse de la vision centrale, par apparition d'une tache dans leur champ visuel. Ils seront gênés pour reconnaître les visages, pour lire, pour conduire, pour écrire." Et surtout, la maladie évoluera vers la cécité.

Des traitements de pointe
La prise en charge de la DMLA humide a fait l'objet d'une véritable révolution, notamment grâce à des médicaments issus de la recherche contre les cancers : les inhibiteurs de la néo-angiogénèse. Parmi ces traitements, les "anti VEGF" (Vascular Endothelial Growth Factor) ont démontré leur intérêt puisqu'ils bloquent la prolifération des nouveaux vaisseaux sanguins responsables de la maladie.

Dans la pratique, le traitement repose sur une visite toutes les quatre à six semaines chez l'ophtalmologiste pour un examen de l'œil et une injection intra-rétinienne. Selon le Pr Jean-François Korobelnik, "le suivi du traitement est capital, notre expérience montre que si nous arrêtons les traitements, la pousse des vaisseaux reprend".

De nouvelles perspectives
Un essai clinique de phase III permettrait d'espérer qu'un nouvel anti-VEGF, le VEGF-Trap Eye, permette d'espacer les injections. Le Pr Ursula Schmidt-Erfuth de l'hôpital universitaire de Vienne (Autriche) est le principal investigateur de l'étude VIEW2. Menée sur 1240 personnes, celle-ci a été présentée au récent congrès sur la DMLA à Miami et laisse espérer que "les patients puissent ne plus avoir besoin que d'une injection tous les deux mois".

Enfin, des équipes de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), en France, ont travaillé à partir d'une nouvelle cible thérapeutique, le récepteur CD160. "Cette thérapie est originale, car elle induit directement la mort des cellules qui tapissent les vaisseaux et sont en pleine prolifération", explique Philippe Le Bouteiller, directeur de recherche au centre de physiopathologie de Toulouse Purpan (unités Inserm/CNRS). Elle pourrait donc ouvrir une nouvelle perspective thérapeutique dans la prise en charge de la DMLA.

Source : Angiogenesis Exudation and Degeneration Congress, Miami, 12 février 2011- Interview du Pr Jean-François Korobelnik, 7 avril 2011, Journal of Experimental Medicine, 11 avril 2011. 

(Destination Santé)

Mot-clef : DMLA

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