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"Bactérie tueuse" : une souche rare liée aux légumes crus

[ Publié le 31 mai 2011 ]

Non coupables ! Les concombres espagnols ne seraient pas les réservoirs de la bactérie responsable de l’épidémie à Escherichia coli qui continue de sévir en Europe. La Commission européenne fait état de neuf morts en Allemagne. Les chercheurs n’ont pas encore trouvé la source de cette souche mais ils ont identifié précisément l’agent pathogène en cause.

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Et si les concombres espagnols n'étaient finalement pas en cause dans l'épidémie d'infections à Escherichia coli "sans précédent" qui sévit actuellement en Europe ? Les chercheurs n’ont pas trouvé la souche responsable de ces contaminations sur les concombres incriminés. En revanche, ils ont établi que l’origine de l'épidémie est une espère rare de la bactérie : il s’agit d’E. coli 0104, un agent pathogène lié aux légumes.

Le réservoir de cette souche n'a donc pas encore été découvert, souligne la Commission européenne. Depuis Stockholm, en Suède, l'European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC) précise que "les investigations sont toujours en cours pour déterminer la source de la contamination". Son identification "est une priorité absolue", insiste le commissaire européen chargé de la santé, John Dalli, dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion d'experts sanitaires des 27 Etats membres.

Le temps presse, en effet, car "les stratégies de prévention à adopter dépendent bien sûr de ces résultats", décrypte le Dr Lisa King, épidémiologiste à l’Institut national de veille sanitaire (InVS). Les autorités sanitaires européennes ont, semble-t-il, écarté rapidement une contamination associée à du lait cru ou de la viande. Pour l'heure, "la seule certitude que nous ayons est qu'il s'agit d'un produit d'origine végétale", rappelle-t-elle.

Un traitement expérimenté sur les cas graves en Allemagne
La confusion règne aussi autour du nombre de victimes. Seule certitude : le bilan humain s’alourdit. Au 31 mai, l'ECDC a recensé 373 cas de syndrome hémolytique et urémique dans l'espace européen. La Commission a annoncé neuf décès en Allemagne et un en Suède, alors que les autorités allemandes font état de 15 décès. "Les chiffres que nous citons sont les cas officiellement liés à la bactérie. Les autres cas, à ma connaissance, ne le sont pas", explique la porte-parole de la Commission, Pia Ahrenkilde Hansen.

Le mode d’action d’E. coli 0104 et sa cible présentent des différences par rapport à la souche "classique" E. coli O157:H7 : "Les syndromes hémolytiques et urémiques sont généralement observés chez des enfants de moins de 5 ans. Or, dans cette épidémie, la plupart des malades sont des adultes et les deux-tiers sont des femmes", indiquent les experts.

Lancés dans l’urgence, les travaux de séquençage de la souche en cause dans cette épidémie devraient apporter des éléments sur sa virulence et sa pathogénicité. En Allemagne, un nouveau traitement, initialement prévu pour soigner une autre maladie, est mis à la disposition des médecins, à titre exceptionnel, pour les formes les plus virulentes de syndrome hémolytique et urémique. Il est encore trop tôt pour savoir si ce médicament est efficace, mais il avait permis d'améliorer l'état de trois enfants lors d'une première utilisation.

Sources : ECDC, 31 mai 2011 - Commission européenne, 30 mai 2011 - InVS, interview du Dr Lisa King, 30 mai 2011 - Reuters Health, 31 mai 2011
(Destination santé)

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