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Cancer du sein : les cellules graisseuses rendent la tumeur plus agressive

[ Publié le 18 avril 2011 ]

De nombreuses études ont montré l'existence d'une relation entre l'obésité et la sévérité d'un cancer du sein. Un travail conjoint de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) permet de mieux comprendre les mécanismes en jeu.

ventre-enceinte.jpgLes cellules graisseuses (les adipocytes) seraient capables de modifier les caractéristiques et le comportement d'une tumeur. Et de la rendre plus agressive. C'est le constat d'une étude menée à Toulouse, par les équipes de Philippe Valet à l'Institut des maladies métaboliques et cardiovasculaires (Inserm/Université Paul Sabatier) et de Catherine Muller à l'Institut de Pharmacologie et de Biologie structurale (CNRS).

Ces équipes ont mis au point un système original de coculture de cellules tumorales mammaires et d'adipocytes, qui sont les cellules graisseuses. Ces dernières "établissent une véritable interaction avec la tumeur, qui conduit à l'augmentation de son potentiel de colonisation et donc de son agressivité", expliquent les auteurs.

Après avoir injecté à des souris, les cellules tumorales préalablement cultivées avec des adipocytes, les chercheurs ont en effet observé un accroissement des capacités de la tumeur à former des métastases. "Fait majeur, ces modifications spécifiques des adipocytes ont été retrouvées dans des tumeurs humaines, confirmant l'importance de ce phénomène."

Ce travail établit en fait, que les cellules graisseuses sont probablement des acteurs inattendus de la dissémination tumorale. "Nos résultats démontrent aujourd'hui comment les adipocytes participent activement à la progression du cancer", expliquent les chercheurs.

Ils suggèrent qu'en cas d'obésité, les adipocytes associés au cancer du sein seraient plus enclins à amplifier "l'effet agressif des tumeurs". L'emploi du conditionnel n'est pas anodin. "Cette hypothèse reste à vérifier à la fois chez la souris, et chez l'homme", estiment en effet les auteurs.

Par ailleurs, une autre étude vient de démontrer l'impact d'une prise de poids excessive chez les femmes ayant survécu à un cancer du sein. Selon une équipe américaine, un gain représentant 10% du poids observé préalablement au diagnostic augmenterait de 14% le risque de récidive.

Source : Inserm, CNRS, 1er avril 2011 - Kaiser Permanente, 5 avril 2011.

(Destination Santé)

Mot-clef : Cancer

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